
Genre : Livre cinglé.
1959
Résumé (si on peut le faire) : L'Interzone. Un territoire qui ne figure sur aucune carte, situé quelque part entre New York et Tanger, dédale infini de mes semblable aux méandres du cerveau d'un drogué.
Un lieu fantomatique, où se réfugie William Lee après avoir accidentellement tué sa femme. Persuadé d'être un agent secret au centre d'une gigantesque machination, Lee commence à rédiger des rapports pour le compte d'une mystérieuse corporation internationale, communiquant avec elle par l'intermédiaire d'une machine à écrire fort loquace qui se transforme volontiers en cafard...
Critique :
Bill. Ecrivain remarquable ! Et ce roman le montre totalement.
Ecrit dans les années 54-58 à Tanger ou il s'est réfugié après avoir buté accidentellement sa femme (en essayant tout les deux ivre mort de réitérer l'exploit de Guillaume Tell) William défoncé du matin au soir nous livre le roman le plus bizarre, le plus étrange et l'un des plus remarquable que j'ai lu.
Le festin nu est une plongée terrible dans les pires recoins du sordide humain. L'interzone monde ou orgie, cannibale, pédéraste, médecins cinglés, dictateurs du dimanche... se côtoient, se surveillent, se tuent entre eux. Ou le comique, le tragique, la luxure, la folie se mêlent si facilement.
Lee est chargé de faire des rapports, ainsi le livre se découpe en chapitres représentant ses rapports en quelque sorte. Préparez vous à découvrir, le milicien, le glaiseux, le matelot, l'exterminateur...
William maltraite la forme et l'écriture pour être au dessus d'elle. Ce n'est plus de l'écriture c'est plus loin que ça réellement. Chaque mot sonne comme un coup de poignard dans le ventre, il déchire, il résonne d'une folie psychotique. Le récit décousu a un sens réel mais encore faut t'il le comprendre et le trouver.
Réquisitoire contre une société absurde, à la fois irréelle et réelle. Ou les marginaux s'entassent. Et William est un marginal. Les beats sont des marginaux de la société américaine.
Le festin nu est un roman difficile, beaucoup de monde n'aimerait pas lire ce roman. Pourquoi? Trop de mots crus surement, un monde difficile à aborder et plus noir. Un roman taché de sang, de sperme séché et saupoudré de cocaïne. Une réelle jouissance littéraire
10/10


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