jeudi 24 janvier 2008

Déchiré : La nuit nous appartient de James Gray


Synopsis :

New York, fin des années 80. Bobby est le jeune patron d'une boite de nuit branchée appartenant aux Russes. Avec l'explosion du trafic de drogue, la mafia russe étend son influence sur le monde de la nuit.
Pour continuer son ascension, Bobby doit cacher ses liens avec sa famille. Seule sa petite amie, Amada est au courant : son frère, Joseph, et son père, Burt, sont des membres éminents de la police new-yorkaise...
Chaque jour, l'affrontement entre la mafia russe et la police est de plus en plus violent, et face aux menaces qui pèsent contre sa famille Bobby va devoir choisir son camp...

Critique :

Vers la fin de 2007, trois films sur l'univers si riche de la mafia sortent. American Gangster de Scott, les Promesses de l'ombre de Cronenberg et La nuit nous appartient de James Gray.
Tout comme les Promesses de l'ombre, la nuit nous appartient s'intéresse à l'univers de l'une des mafias les plus terribles en ce monde : celle des Russes.

Gray contrairement à Cronemberg choisit de dérouler son intrigue dans un New-York des années 80, avec comme personnage principal Bobby fils d'une famille de flic cherchant à échapper à la contrainte familiale incarnée par son père (Duvall), vieux flic fatigué et son frère (Walhberg) qui est en sorte l’héritier parfait. Mais voila tout s'emballe et Bobby doit choisir alors son camp. Soit il continue sur sa lancée et trahit sa famille, soit il trahit l'autre famille (celle de la mafia) en rejoignant sa famille. On a ici cet univers des mafias qui est l'importance de la famille (qui est d'ailleurs très bien scénarisé dans les promesses de l'ombre), thème majeur de films comme le Parrain par ex. En somme la nuit nous appartient est un anti-parrain mais néo-parrain, le frère qui cherche à s’échapper de sa famille de base pour essayer de fonder une autre famille mais qui finalement doit choisir entre les deux.

Cependant James Gray tout en s'intéressant à ce thème cher aux films de mafia installe son récit sur un niveau tout autre plus proche du polar. En effet la nuit nous appartient est un retour réel selon moi au polar noir des années 70.
Ce qui marque réellement dans ce film est en réalité la mise en scène. Gray est un vrai génie en ce qui concerne la mise en scène de ces films, et d'ailleurs ce film méritait 100 fois plus de gagner le prix de la mise en scène qui a été remis au scaphandre et le papillon possédant une mise en scène qui on va dire plutôt bien réussi mais franchement pas au niveau de la mise en scène de la nuit nous appartient.
La mise en scène de la nuit nous appartient, c'est une mise en scène qui toi spectateur te prend par les trippes et t'intègre dans le film. On pourrait compter par vingtaines les scènes d'intensités : par ex dans l'une des scènes du film on ressent réellement tout le stress qui pèse sur le personnage ; l'une des scènes de poursuite en voiture est la meilleure réalisée depuis pas mal d'année (avec celles de Boulevard de la Mort mais qui sont dans un autre genre), possédant une esthétique superbe et ne s'appuyant pour cela de aucuns gros effets spéciaux à la con qu'on voit souvent dans les scènes de poursuites sous prétexte que ça scotche le spectateur. Après bien sur la mise en scène, les acteurs Phoenix, Wahlberg et Duvall qui sont excellent, à coté on a une Eva Mendez qui sert pas à grand chose mais bon elle gâche rien au film donc ça va. Et le tout servi d'une bo admirable.

J'aurai pu largement le mettre dans le top 10 des films de 2007 si je l’avais vu avant.

mardi 22 janvier 2008

Mea Culpa

J'avais effectivement oublié d'activer la possibilité de rentrer un commentaire sans pour autant être inscrit sur Google.
Bref je pense pas que je vais en avoir plus mais bon c'est toujours ça de rectifier.

Brise poétique : La Horde du Contrevent de Alain Damasio.


Genre : Fantasy-Sf
2004
600 pages

Résumé : Un groupe d'élite, formé dès l'enfance à faire face, part des confins d'une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l'origine du vent.
Ils sont vingt-trois, un bloc, un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromaître et géomaître, feuleuse et sourcière, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde debout, à pied, en quête d'un Extrême-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou.

Critique :


Etes-vous déjà sorti dehors par temps de tempête? Le vent soufflant a des rafales puissantes, se cognant contre votre masse. Vous êtes vous déjà demandés d'ou ce vent naissait lorsque vous étiez jeunes? Qui le contrôlait? Pourquoi soufflait t'il ? Et quel était sa destination?

Imaginez alors que votre but dans la vie est de contrer ce vent, de le remonter, de vivre avec lui. Ce vent faisant parti d'un tout, il est votre ennemi mais votre plus proche connaissance. Placez vous alors dans la horde, reconnaissez vous dans l'un de ses personnages. Etes-vous Caracole le troubadour à la verve poétique? Golgoth le roc dur? Pietro le prince doué d'empathie?
Ces personnages vous ressemblent et sont tellement différents de vous.

Imaginez alors que dans cette horde, un voyage au cœur de paysages si différents possédant leurs propres dangers et des créatures que vous ne connaissez point.

Imaginez alors qu'un auteur raconte vos aventures dans cette horde avec un style lyrique rare, une poésie merveilleuse, une maîtrise du récit parfaite grâce au point de vue de vos compagnons.

Imaginez que à la sortie de cette lecture, ce livre vous hante encore pendant des semaines, des années. Que dans notre réalité face au vent, vous vous concentriez pour en ressentir le rythme, la beauté, la force et que levant les yeux dans la direction ou part le vent, vous vous sentiriez l'envie de découvrir d'ou celui-ci naît.

N'imaginez plus, lisez ce livre.

lundi 14 janvier 2008

Destins croisés : Au sud de la frontiére, à l'ouest du soleil de Haruki Murakami


Genre : Ame soeur perdu.

Résumé : Hajime a connu pour la première fois l'amour en compagnie de la douce Shimamoto-San. Séparés par la vie, il n'a pourtant jamais oublié. Aujourd'hui, à l'aube de la quarantaine, Hajime est devenu un homme ordinaire et s'est construit une vie agréable entre sa famille et un métier qui lui plaît. Ce fragile équilibre résistera-t-il à ses retrouvailles avec Shimamoto-San ?

Murakami m'avait littéralement bluffé avec Kafka sur le rivage, dès les premières lignes je m'étais senti emporté par son style.
Par contre au sud de la frontière, à l'ouest du soleil ne m'a pas autant transporté. Je le qualifierais de roman intermédiaire pour Murakami.
On retrouve les thèmes de Murakami que j'avais découvert dans Kafka : la recherche de soi, l'amour impossible, le jazz, ce mélange de culture occidentale avec la culture japonaise etc...

Les personnages sont très intéressants.
Hajime est réellement humain pour moi , en effet il n'est ni trop bon ni trop méchant, c'est un salaud quelque fois mais quand on le suit on se prend d'affection pour lui qui au final s'éprend d'une femme mystérieuse. Le mystère règne toujours chez Murakami même s’il est moins présent ici, on le sent, il nous effleure et prend davantage d'intensité au fur et à mesure de la lecture.


Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil est un roman chargé d'une poésie destructrice et belle à la fois mais qui selon moi est moins puissante que celle de Kafka sur le rivage peut-être du à un mystère moins puissant mais qui gagne peut-être en universalité

dimanche 6 janvier 2008

Egouts magiques : Neverwhere de Neil Gaiman


1996
Genre : Fantasy urbaine
Résumé :
Une rue de Londres, un soir comme un autre. La jeune fille gît devant lui sur le trottoir, face contre terre, l'épaule ensanglantée. Richard la prend dans ses bras, elle est d'une légèreté surprenante. Et quand elle le supplie de ne pas l'emmener à l'hôpital, il a le sentiment de ne plus être maître de sa volonté. Dès le lendemain, elle disparaît et, pour Richard, tout dérape : sa fiancée le quitte, on ne le connaît plus au bureau, certains, même, ne la voient plus... Le monde à l'envers, en quelques sorte. Car il semblerait que Londres ait un envers, la " ville d'En Bas ", cité souterraine où vit un peuple d'une autre époque, invisible aux yeux du commun des mortels. Un peuple organisé, hiérarchisé, et à la tête duquel les rats jouent un rôle prépondérant. Plus rien ne le retenant " là haut ", Richard rejoint les profondeurs.


Critique :
Pour ceux qui connaissent ses œuvres, Neil Gaiman laisse toujours une trace dans le cœur de ses lecteurs. Son roman graphique Sandman est l’une des œuvres les plus complexes, les plus belles qu’ils m’aient été donné de lire dans mon expérience dans les comics.

C’est donc sans appréhensions que je me lançais dans Neverwhere et j’ai été totalement subjugué par l’univers cohérent et dense que Gaiman a crée.

Tout d’abord on rencontre Richard. Qui est Richard ? Richard est un type banal finalement, un peu paumé quelquefois, maladroit aussi, à qui on peut s’identifier facilement. Ensuite on passe à deux personnages peu banaux qui se délectent à observer un monastère de toscane au XVIème siècle entrain de bruler, Croup et Vandemar sont leurs noms. Le roman commence alors.

Gaiman nous prend alors la main et nous fait découvrir le destin de Richard qui voit sa vie monotone totalement chamboulé à l’apparition de Porte. Entrainé malgré lui dans un univers dont il ne comprend pas les mécanismes.

On découvre alors un Londres du dessous, reflet du miroir du Londres d’en haut. Un Londres dickensien opposé au Londres urbain je dirais, en effet au contraire ou le monde du haut est urbain, aseptisé, étroit. Le monde du dessous est peuplé de mendiants parlant aux rats, de roi et de marquis évoluant dans un univers lié au nom des stations de métros et de quartiers de Londres.

Gaiman réalise alors un parfait mélange entre le réel et l’irréel, les créatures fantastiques évoluant parmi les personnes du réels ne pouvant les voir. Ainsi tout en étant déconcerté par l’univers de Gaiman on peut toujours se rattacher à des lieux urbains connus. Ainsi Gaiman maitrise son univers parfaitement avec un style unique et novateur qui s’entoure de personnages époustouflants, un marquis un peu fou, roublard à ses heures qui rappelle un personnage du chat botté auquel il emprunte son nom. Deux tueurs opposés, l’un petit à la langue poétique, l’autre grand à la parole rare, ce duo comique à l’humour féroce traquant sans relâche Porte et se délectant des pires cruautés qu’ils pourront infligés et tant d’autres personnages tels un clochard vivant sur les toits avec pour seule compagnie les oiseaux etc.

Ainsi Gaiman nous comte avec poésie le destin de Richard et de Porte, destin qu’on suit sans relâche alternant les scènes d’humours et les scènes de suspenses.

Une belle réussite.